Chapitre 9 : « Ce sont les étoiles, tout là-haut, qui gouvernent notre existence. » SHAKESPEARE

Chapitre 9 : « Ce sont les étoiles, tout là-haut, qui gouvernent notre existence. » SHAKESPEARE
- Je voudrais te poser encore une question.
- Laquelle ?
- A propos de l'Euro...
Il éclate d'un grand rire qui me fait sursauter.
- Tu sais, je me suis vraiment pris ça en plein dans la gueule.
Son visage s'assombrit soudainement.
- Avec Raymond, on avait une relation particulière. Comme... un père et son fils. Je suis déçu, blessé aussi. L'Equipe de France, l'Euro, étaient mes objectifs de fin de saison. Je m'y étais préparé... pour rien. C'est difficile à avaler.
- Je comprends.
- Oh, je ne sais pas si quelqu'un peut réellement comprendre. Cela restera la plus grosse déception de ma carrière, en même temps que mon plus gros échec. L'équipe de France a toujours été ces dernières saisons mon fil rouge, je m'y suis beaucoup investi, sur le terrain et en dehors. Et là...
Sa voix se brise. Il a l'air vraiment très ému. Il fait tourner distraitement sa cuillère entre ses doigts, l'air gêné. Je garde le silence durant quelques secondes, pour ne pas le mettre mal à l'aise.
- Tu sais, je peux concevoir que cela ne soit pas facile pour toi. Alors... si tu veux arrêter...
- Non, non. Surtout pas. Au contraire, j'ai vraiment envie de t'aider, Dit-il en esquissant un sourire.
- Merci. Ce que j'ai déjà recueilli constitue une bonne base. Tu m'en a déjà appris beaucoup plus que je ne l'espérais, Dis-je en souriant aussi.
- Tu n'auras qu'à m'apeller, quand tu veux, lorsque tu as un moment de libre.
Il déchire un petit morceau de mon bloc-notes et y note son numéro de téléphone. Puis il prend une feuille entière sur laquelle il note un petit mot, puis qu'il signe.
- Voilààààà. Et ça, c'est pour ton frère. Allez viens, je vais te ramener.
Il insiste pour payer l'addition, et attend que je finisse de ranger mes affaires. Nous sortons tous les deux du café, puis nous retrouvons sa voiture. Un petit quart d'heure plus tard, je retrouve le Camp des Loges. Avant de fermer la porte de la voiture, je lui adresse un dernier mot.
- Mickaël ?
- Oui ?
- Merci pour ta gentillesse. J'espère de tout mon coeur que tu vas t'en sortir.
- Merci à toi. Je commençais à croire qu'il n'y avait plus un journaliste sain sur cette planète.
Je ferme la portière, et il démarre. Je me dirige lentement vers ma voiture, le souvenir de ce premier entretien gravé dans ma mémoire. J'en ai appris plus sur le football en un peu plus d'une heure, qu'en deux mois. Par curiosité, je regarde le papier qu'il a gentiment adressé à Nathan.

« De la part de quelqu'un qui se battra toujours pour être le meilleur gardien à tes yeux. »

# Posté le samedi 14 juin 2008 19:12

Modifié le lundi 26 octobre 2009 19:52

Chapitre 10 : « Le manque est le premier pas vers l'addiction. »

Nine months later.
Camp des Loges ~ 8h42.

Comme tous les lendemains de match, je suis au Camp des Loges, pour recueillir les impressions des joueurs. A force, c'est devenu une habitude. Je ne quitte plus Paris, j'en suis même devenue l'envoyée spéciale. Aujourd'hui, c'est un peu particulier. Lyon vient de fêter son septième titre consécutif, et Paris a frôlé la relégation, qu'elle a finalement évité grâce à un grand Landreau, sur les deux derniers matchs. En deux semaines, les critiques sont devenues éloges.
- Tu as vu ça ? Il faut un grand gardien à Paris !
Je regarde le journal que me tend Mickaël, en fronçant les sourcils.
- Je... ne comprends pas. Qui a dit ça ?
- Charles Villeneuve, notre nouveau président.
Je soupire, lassée par cette nouvelle claque que Mickaël doit se prendre dans la gueule.
- J'abandonne. Je ne sais pas comment tu fais pour supporter tout ça.
- Peu importe. On verra bien la saison prochaine. Qu'est-ce que tu fais de tes vacances ?
- Pas de vacances pour les super-héros, Dis-je avec un petit sourire.
- Ton frère ne t'a pas laissé de vacances ?!
- Je n'en ai pas pris. Andy ne l'avouera jamais, mais il a besoin de moi au journal, étant donné que tout le monde part en vacances. En fait, je pars juste un week-end... à Nice.
- Oh je vois. Tu vas voir de la famille ?
- Disons plutôt... que je vais voir un ami.
- Bon week-end, alors.
- Bonnes vacances Micka, et à la saison prochaine.

Gare de Lyon ~ 10h48.

Je monte précipitamment dans le train, essoufflée d'avoir couru tout le long du quai. Je mets difficilement ma valise dans la soute, et m'asseois à la place qui m'est réservée, juste à côté d'un jeune homme en train de lire l'un de mes articles.
- Les nouvelles sont bonnes ?
- Pas vraiment. Cette fille est vraiment une abrutie qui ne sait pas de quoi elle parle, Dit-il en repliant brutalement son journal. Et ce journal est un vrai torchon rempli de conneries.
Je ne relève pas, et garde le sourire.
- Alors comme ça, tu t'y connais un peu en sport ? Demande-t-il.
- Je suis journaliste dans le sport. Mais je te préviens, je suis réputée pour être une abrutie qui ne sait pas de quoi elle parle. Ah, et le journal-torchon est dirigé par mon frère, Dis-je d'un ton ironique.
Il se rend soudain compte de la gaffe qu'il vient de commettre, et se confond en excuse.
- Laisse tomber, c'est pas grave. Je suppose que chacun possède un avis différent.
- Non, non... je suis vraiment désolé.
Il me tend sa main, que je m'empresse de serrer.
- Je m'appelle Anthony, je suis photographe.
- Enchantée. Je m'appelle...
- Kelly, oui. C'est écrit en bas de l'article.
- Alors comme ça, tu es photographe ? Dans le sport ?
- Entre autres, oui. Je cherche une place dans un journal, Dit Anthony.
- Le hasard fait bien les choses, on dirait. Mon frère cherche désespérément un bon photographe depuis des mois.
Je fouille fébrilement dans mon sac, et finis par trouver ce que je cherche. Une petite carte de visite. Je la retourne et y inscrit le numéro d'Andy, puis je lui donne.
- Voilà, tu n'auras qu'à appeler à ce numéro de ma part, Dis-je. Enfin, à moins que tu n'aies pas envie de travailler dans un journal rempli de conneries, bien sûr.
Il prend la carte et la contemple quelques instants.
- Eh bien... merci, Dit-il avec un sourire.
Quelques heures plus tard, le train arrive enfin à Nice. Anthony me serre une dernière fois la main.
- En espérant te revoir bientôt.
- Je suis sûre qu'on se reverra très vite. Tu n'as pas aimé ma chronique sur le PSG, donc tu es l'un de leurs supporters, visiblement. Mon frère devrait beaucoup t'aimer.
- Et... encore désolé pour...
- Ne t'en fais pas pour ça, je te dis.
Il descend du train après m'avoir adressé un dernier signe de la main. Je descends à mon tour, après avoir regroupé tous mes bagages.
- Attends, je vais t'aider.
Je relève la tête. La première chose que je remarque, c'est ce petit sourire timide, qui me fait tellement craquer. Puis le sourire timide se transforme en un sourire rayonnant que je m'empresse de lui rendre. Sans même réfléchir, je me jette dans ses bras.
- Je t'ai manqué à ce point ?
- Pire encore. Te parler au téléphone, c'était bien. Te revoir, c'est mieux.
Il n'a absolument pas changé depuis la dernière fois que je l'ai vu, il y a neuf mois maintenant. Toujours cet air enfantin et insouciant qui lui va si bien. Toujours ce côté humain, que la plupart des footballeurs finissent par perdre. Malgré tout, ce matin dans le journal que m'a montré Mickaël, au-delà de la stupide déclaration de Charles Villeneuve, c'est surtout ce «Lloris vers Lyon ?», que j'ai retenu. Et je me demande sincèrement s'il va m'en parler, ou non.

# Posté le dimanche 15 juin 2008 18:47

Modifié le lundi 26 octobre 2009 20:57

Chapitre 11 : « Connais-toi, mais réserve-toi des surprises. » DUVAL

Chapitre 11 : « Connais-toi, mais réserve-toi des surprises. » DUVAL
Nice, Centre-ville ~ 16h03.

- Voilà, c'est ici.
Il s'arrête devant une petite maison, jolie, mais toute simple. A l'image de son propriétaire, en fait. Il ouvre la porte, et me laisse entrer. C'est lumineux, propre et bien rangé. Seuls quelques verres traînent encore dans la cuisine.
- Je suis désolé, Eder est venu boire un verre hier soir. Une dernière fois... avant de partir à Lyon.
- Et tu vas sûrement le rejoindre très vite, Dis-je avec un petit sourire.
- Justement... je voulais en parler avec toi.
Il tire l'une des chaises et me laisse m'asseoir.
- Café ?
- Oui, je veux bien.
Il garde le silence quelques minutes, tandis qu'il s'affaire à préparer le café. Je l'observe en souriant. ll pose une tasse devant moi puis s'asseoit en face.
- Alors tu voulais parler de ton transfert ?
- Oui. Je voulais t'en parler.
- Hugo... je ne crois pas être très bien placée pour parler transferts.
- Tu es une amie. On peut même dire que tu es une très bonne amie. Alors je voudrais simplement ton avis.
- Très bien. Tu veux mon avis ? Si j'étais supportrice de Nice, je te dirais de rester. Si j'étais journaliste, je dirais évidemment que tu as plus de chances de franchir un palier en allant à Lyon qu'en restant à Nice. Et si j'étais ton amie... je te demanderais simplement si tu as envie d'y aller.
- Je ne te cache pas que la proposition est intéressante. Et... j'ai vraiment envie d'y aller.
- Alors fais ce que tu penses être le mieux pour toi. C'est le meilleur conseil que je puisse te donner.
Il a soudain cet air rayonnant, comme à chaque fois qu'on lui annonce une très bonne nouvelle.
- Et puis... Lyon est plus près de Paris. Je pourrais venir te voir plus souvent.
- Est-ce que tu essayes de trouver des bonnes excuses à ton transfert ?
Il termine son café et sourit à nouveau.
- Celle-là vaut particulièrement le coup, je trouve.

One day later...
Gare de Nice ~ 17h28.

- Voilà, je crois que j'ai tout.
Je vérifie tous mes bagages, et me tourne vers Hugo. Il a l'air vraiment triste. Il s'approche de moi et me serre contre lui.
- Le week-end est passé trop vite.
Je rigole doucement.
- Si on pouvait appeler ça un week-end.
Les sifflets retentitissent sur le quai. Le train va bientôt partir.
- Il faut que je monte.
Nous nous étreignons une dernière fois, puis je monte. Je passe ma tête par la fenêtre.
-Tiens moi au courant de ton déménagement à Lyon !
- Ne t'en fais pas pour ça, Dit-il avec un sourire.
Il m'adresse un dernier signe de la main, et le train démarre, laissant derrière lui la chaleureuse Nice.
- Mon Dieu, tu es rayonnante. Je devrais te laisser partir plus souvent.
Le voyage de retour est passé si vite que j'ai à peine le temps de me rendre compte que je suis arrivée, et que je me trouve en plein milieu du quai de la gare de Lyon. Je me retourne, surprise.
- Andy ! Tu vas bien ?
- Pas autant que toi, on dirait.
Il m'attrape par les épaules et me fixe étrangement, après m'avoir longuement serré dans ses bras.
- Toi... tu es amoureuse.
- Et toi t'as craqué, Dis-je avec la plus grande désinvolture possible.
Il me jette un regard soupçonneux.
- Ne cherche pas, je te dis qu'il n'y a rien du tout.
- Et ce livre, il a avancé ?
- Pas vraiment.
- Ca commence à faire long.
- Ca prendra le temps qu'il faut, mais je veux qu'il soit parfait.
Andy garde le silence quelques minutes. Puis, il sort une cigarette et l'allume.
- C'est vachement le moment.
- Ma petite, je te rappelle que je suis encore ton grand frère. Par conséquent, je n'ai pas de leçon de morale à recevoir de toi, Dit-il en recrachant sa fumée. Ah, au fait... j'ai embauché ton photographe.
- Tu veux dire, celui qui m'a traitée d'abrutie ?
- Hein ?
Je lui raconte brièvement l'épisode du train, à l'aller.
- Journal-torchon ? Sympa. Je me demande si j'ai bien fait de l'embaucher, en fin de compte, Dit-il en écrasant sa cigarette.
Il reprend ma valise et se dirige vers le parking.
- Allez viens, tu vas aller te reposer. Y'a du boulot qui t'attend.
Ah, la bonne odeur de la reprise des compétitions nationales. Avec tout ça, j'en aurais presque oublié que j'allais au stage de préparation de l'Equipe de France pour l'Euro, dans une petite semaine.

# Posté le samedi 09 août 2008 20:16

Modifié le mardi 27 octobre 2009 06:11

Chapitre 12 : « Toujours se remettre en question. »

Paris ~ 7h08.

J'observe le café s'écouler lentement dans la cafetière, en baillant pour la énième fois. Le bruit du fax me sort de ma torpeur. Je me lève, pour voir ce qu'on m'a envoyé, tandis qu'Andy entre dans mon bureau.
- Qu'est-ce que c'est ? Demande-t-il.
- «Le transfert d'Hugo Lloris vers l'Olympique Lyonnais a été officiellement conclu hier au soir. La transaction s'élèvera à 8 millions d'euros et sera accompagnée de l'attaquant de l'Olympique Lyonnais, Loïc Rémy.» ... Quelle surprise !
Je soupire et pose le papier sur mon bureau. Puis j'attrape une tasse, et me verse un peu de café.
- Est-ce que tu en veux ?
- Non merci, Dit Andy.
Le fax se met à nouveau en route. Décidément, c'est une avalanche ce matin.
- Encore ?!.
Il se lève et va voir de quoi il s'agit. Ses yeux s'agrandissent, au fur et à mesure qu'il lit. Il me tend ensuite le papier sans dire un mot.

« Communiqué officiel de la FFF.

Suite à la blessure de Steve Mandanda, gardien de l'Equipe de France, le sélectionneur, Raymond Domenech, a pris la décision d'appeler Mickaël Landreau, gardien du Paris Saint Germain, pour pallier son forfait.
»

Je n'arrive tout simplement pas à y croire. Je relis au moins trois fois le communiqué, mon sourire s'agrandissant un peu plus à chaque fois.
- Nathan va être content.
- Toi aussi, visiblement, Dit Andy en levant les yeux au ciel.
- Avoue que l'enlever de la liste, comme ça après lui avoir fait espérer pendant six mois, c'était vraiment dégueulasse.
- Oui, c'est vrai que Raymond aurait pu mettre la forme.
- Forme ou pas, ça ne se fait pas. Point.
J'ai dit ça d'un ton tellement catégorique qu'il ne répond même pas. Je m'asseois sur mon bureau, et sirote tranquillement mon café, en repensant aux deux communiqués arrivés coup sur coup. Deux bonnes nouvelles pour le prix d'une. C'est rare.
- Hum hum, pardonnez-moi.
Un jeune homme se tient dans l'encadrement de la porte. J'esquisse un petit sourire en le voyant.
- Ah, Anthony. Entre, je t'en prie, Dit Andy.
Anthony entre dans le bureau et serre la main d'Andy. Puis il s'approche de moi et me serre également la main.
- Salut Anthony !
Andy nous regarde, l'air pensif.
- Toi... tu as quelque chose derrière la tête.
- Anthony, tu vas partir avec ma soeur. Au stage de préparation pour l'Euro.
Anthony le regarde d'un air incrédule, comme si on venait de lui annoncer que Noël avait été avancé de trois mois.
- Je vous préviens, je veux un dossier béton. L'Equipe table aussi sur la préparation à l'Euro alors je veux un reportage meilleur que le leur. Vous n'avez pas le droit à l'erreur, sans quoi je vous vire.
Je hausse les sourcils.
- Tu vous vire ?! Tu rigoles ?
- Pas du tout. Allez ouste, allez vous reposer. Vous partez demain matin.
Je le regarde une dernière fois avant de sortir du bureau. Effectivement, il n'a jamais eu l'air aussi sérieux. Le journal doit vraiment être en difficulté pour qu'il mette la barre aussi haut. Ca fait maintenant une bonne année que je travaille pour lui, et il ne m'a jamais menacée de me virer. Ou alors, c'est peut-être moi qui me croyait intouchable. Au moins, ça m'aidera à revoir mes objectifs à la hausse.

# Posté le mercredi 13 août 2008 18:01

Modifié le mardi 27 octobre 2009 06:51

Chapitre 13 : « La mort ferme les yeux des morts, et ouvre ceux des survivants » CESBRON

Tignes, Hôtel ~ 8h49.

Anthony étouffe un baillement en grimpant les marches de l'hôtel. Il pousse la porte, puis la retient, pour que je puisse la franchir à mon tour.
- Merci.
Nous présentons nos cartes de journaliste à l'accueil. La réceptionniste nous regarde d'un oeil soupçonneux, avant de daigner enfin nous donner à chacun une clé. Puis, elle nous indique la direction. Evidemment, Andy n'a réservé qu'une chambre, vu le peu de moyens dont nous disposons. Tandis que nous montons les marches pour rejoindre notre chambre, j'entend deux voix familières. Hugo est là, assis dans les marches, la tête entre les mains. Mickaël est à côté de lui, la main posé sur son épaule, l'air désolé.
- Que... qu'est-ce qui s'est passé ?
Hugo ne bouge même pas. Mickaël s'approche de moi, et me regarde, l'air embarrassé.
- Sa mère est morte cette nuit, Murmure-t-il.
J'ai l'impression de recevoir soudain un seau d'eau glacée sur la tête. J'ai la sensation de revenir sept ans en arrière, et de revoir Andy m'annoncer une horrible nouvelle, du haut de ses dix-sept ans. Je tente de chasser ce souvenir désagréable de ma tête.
- Je suis vraiment désolée, Hugo.
J'ignore pourquoi, mais le voir pleurer me fait mal. C'est bizarre pourtant, je suis plutôt insensible.
- Je vous laisse un peu, Dit Mickaël. Si tu as besoin de quoi que ce soit Hugo, n'hésite pas.
- Merci...
Mickaël s'éloigne, tandis qu'Anthony me fait signe qu'il monte. Je m'asseois à côté d'Hugo, sans un mot.
- Je...
- Je sais ce que tu ressens, Hugo.
- Personne ne peut savoir, Dit-il soudainement agacé.
Je le regarde droit dans les yeux.
- Hugo... j'ai perdu ma mère quand j'avais douze ans. Tu crois que je ne peux pas savoir ?
Il a soudain l'air désolé. Je sais que personne ne peut comprendre, tant qu'il n'a pas vécu ça. La douleur de perdre un proche est toujours immense. Mais perdre une Maman... c'est presque perdre la moitié de soi. Et la seule chose à dire... c'est qu'il n'y a rien à dire. La seule chose à faire, c'est d'être là, et de se taire, parce que dans ces moments-là, y'a vraiment rien à dire.

Tignes, Hôtel ~ 19h23.

- Alors ça y est, Hugo est reparti à Nice ?
- Il reste trois jours là-bas avec sa famille, puis il revient pour poursuivre le stage.
- Tu as prévenu ton frère ?
- Anthony... nous ne sommes pas Public, ou Closer. Ca dépasse largement le cadre sportif, là.
- Les gens vont se poser des questions quand ils verront qu'Hugo Lloris est parti durant trois jours.
- Eh bien qu'ils s'en posent. On leur donne l'information, pas besoin d'entrer dans les détails.
Anthony soupire, pas très convaincu par mon explication. Il reprend son appareil, et regarde les clichés qu'il a pris durant la journée. Et moi, je repense à Hugo, pour qui la semaine va être une grosse semaine. La mort de sa mère, le stage, puis à la fin de la semaine, le retour à Clairefontaine, et les noms des heureux élus qui auront le privilège de représenter leur pays à l'Euro. Euro auquel il n'est pas assuré de participer.

# Posté le lundi 01 septembre 2008 19:47

Modifié le mardi 27 octobre 2009 09:49