- Kellyyyyyyy ! T'es enfin rentrée !
Je pose tant bien que mal ma valise et le serre dans mes bras.
- Nathan, je ne suis partie que trois jours, Dis-je gentiment.
- Oui, mais tu m'as quand même manqué ! Gros comme ça.
Il décrit un immense cercle avec ses mains. J'éclate de rire. Mon père passe sa tête par l'encadrement de la porte de la cuisine.
- Ca a été ? Demande-t-il.
- C'était terrible. Andy a été insupportable.
- Sois un peu indulgente, Kelly. Andy se donne beaucoup de mal pour réussir.
- Je le sais, je plaisante... Je me donne du mal aussi pour qu'il réussisse, tu sais ?
Je m'asseois sur le plan de travail, à côté de lui. Comme toujours, il m'adresse un regard de reproche, mais reprend sa préparation sans rien dire.
- Je repars demain.
Il stoppe soudainement son geste. Puis il se retourne et regarde Nathan, qui s'est soudain arrêté de sautiller partout, comme à son habitude. Je fronce les sourcils, sans comprendre.
- Tu avais dit qu'on irait à Paris ensemble demain !
Mon coeur rate quelques battements. J'ai fait cette promesse à Nathan depuis plus de trois mois. Et j'ai repoussé à chaque fois.
- Ca fait déjà plusieurs fois que tu repousse ça, Dit mon père.
- Je sais, Dis-je en soupirant. Mais là, je n'ai vraiment pas le choix. Andy compte sur moi.
Mon père soupire, et reprend la préparation de son dîner. Nathan a baissé la tête, l'air visiblement déçu. C'est en voyant la carte de Mickaël Landreau qu'il tient dans les mains que j'ai soudain une idée.
- Ceci dit... on pourrait faire un truc beaucoup mieux la semaine prochaine.
Nathan relève la tête, intrigué.
- Mais, c'est une surprise, bien sûr.
- Stamford Bridge, Fulham Road.
Le taxi me dépose, un peu plus tard, pas très loin du stade. Je lui donne quelques livres sterling, puis il s'éloigne. Je me hâte de rejoindre le centre d'entraînement de Chelsea, batîment très imposant. Je rentre, après avoir présenté ma carte à une cinquantaine de personnes. Moi qui me plaignait des contrôles du centre de l'OCG Nice... Je me présente à la recéptionniste, à qui j'explique que j'ai rendez-vous avec Abramovitch. Elle me fixe quelques secondes, puis m'indique bêtement l'ascenceur, et le dixième étage. Je monte rapidement, puis patiente quelques secondes dans le couloir. Tandis que je lisse les derniers plis persistant sur ma veste, une porte s'ouvre au bout du couloir. Je souffle un grand coup. Maintenant, je ne peux plus reculer. Je dois le reconnaître, j'ai peur.