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Chapitre 2 : « Le grand destin de l'homme est de refuser son destin. » J. HAMBURGER

Chapitre 2 : « Le grand destin de l'homme est de refuser son destin. » J. HAMBURGER
Nice, Centre-Ville ~ 20h30.

J'attend, assise au bar, tripotant distraitement mon verre de mojito. Ca fait plus d'une demi-heure que j'attend Andy, qui doit passer chercher mon article. J'attrape mon portable et compose son numéro. Une fois de plus, messagerie. Je soupire, et vide mon verre, avant d'en commander un autre. Tandis que je finis mon deuxième verre, mon téléphone sonne enfin.
- Andy. J'ai failli attendre.
- Je suis désolé... j'ai eu un empêchement. J'ai dû rentrer sur Paris cet après-midi, Dit Andy.
- J'espère que tu plaisantes.
J'attends quelques secondes. Pas de réponse, évidemment.
- Visiblement, non.
- Je suis désolé. Tu n'auras qu'à m'envoyer ton article par mail.
- Etant donné qu'il est sur papier, ça risque d'être difficile, vois-tu.
- Eh bien tape-le. Ou faxe-le. Débrouille-toi quoi ! Les délais de bouclage sont courts, tu sais ?
- C'est entendu, CHEF. Bonne soirée.
Je raccroche en soupirant à nouveau, puis je commande un nouveau verre.
- C'est marrant, je ne pensais pas te voir ici.
Cette voix, ce visage, cet air timide. Reconnaissable entre mille.
- Hugo Lloris, tiens donc. J'ai retenu ton nom, cette fois !
Il rigole et s'asseoit à côté de moi.
- Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je profite de ma dernière semaine de vacances. Et puis... je peux te retourner la question.
- J'attendais mon crétin de frère pour lui donner mon article, mais il est rentré à Paris.
- Ton frère ?
- Oui, enfin mon patron quoi. Enfin, c'est compliqué.
- Vous travaillez à Paris ?
- Huhu. Mon frère vient d'y créer son journal, les débuts sont un peu difficiles, Dis-je en grimaçant.
Il commande un café, et reprend la parole après quelques minutes de silence.
- Je vois... alors tu repars demain ? Demande-t-il.
- Oui. Demain matin. Et je repars après-demain pour je ne sais quelle ville.
Hugo me regarde, l'air surpris. J'éclate de rire en voyant sa tête.
- La vache, Dit-il. Tu n'es jamais fatiguée ?
- Jamais. J'ai choisi de vivre comme ça, et mon frère m'en a offert la possibilité. Je ne vais pas me plaindre.
- Est-ce que tu sera à Paris, à la fin de la semaine prochaine ?
- Hum... tout dépendra de ce que mon frère m'aura confié. Pourquoi ?
- Paris-Nice. Je devrais jouer mon premier match en Ligue 1.
Je le regarde en souriant. Il en parle comme de sa plus grande fierté.
- Tu as été ma première véritable interview, alors je n'ai pas le droit de rater ton premier match. On va dire ça comme ça.
Il a soudain l'air rayonnant. Je lui répond par un sourire, puis je regarde ma montre.
- Merde, il est déjà 23h. Je vais devoir y aller.
- Très bien, Dit-il. J'espère te voir au Parc la semaine prochaine, alors.
- Je t'assure que je ferai mon possible pour être là. Salut Hugo.
Je sors du café, en marchant lentement. Même à cette heure là, de nombreux touristes vagabondent encore le long de la plage. Je m'asseois sur un muret, et observe les quelques enfants qui courent encore sur la plage, surveillés de près par leurs parents. Je me pose toujours des questions sur ce monde étrange qu'est le monde du foot. D'un côté ces joueurs qui réalisent la chance qu'ils ont, de pouvoir vivre de leur passion, comme un Jérémy Toulalan, un Eric Carrière, comme Hugo... De l'autre côté, ces joueurs stars, qui profitent de leur statut et de leur notoriété, pour se placer au-dessus des autres. Au centre, les présidents de clubs, et les institutions. Ces Abramovitch, ces Laporta, ces Moratti, qui lavent le cerveau des joueurs, en dictant leur conduite à coups de millions, puis les jettent, lorsque de nouveaux talents apparaissent. Cruel destin... et pourtant. Il ne tient qu'à eux de le refuser. Alors pourquoi ? Une gloire éphémère ? L'argent ? Tout ça m'échappe. Vraiment.

# Posté le mercredi 04 juin 2008 11:35

Modifié le lundi 26 octobre 2009 15:55

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