- Andy. J'ai failli attendre.
- Je suis désolé... j'ai eu un empêchement. J'ai dû rentrer sur Paris cet après-midi, Dit Andy.
- J'espère que tu plaisantes.
J'attends quelques secondes. Pas de réponse, évidemment.
- Visiblement, non.
- Je suis désolé. Tu n'auras qu'à m'envoyer ton article par mail.
- Etant donné qu'il est sur papier, ça risque d'être difficile, vois-tu.
- Eh bien tape-le. Ou faxe-le. Débrouille-toi quoi ! Les délais de bouclage sont courts, tu sais ?
- C'est entendu, CHEF. Bonne soirée.
Je raccroche en soupirant à nouveau, puis je commande un nouveau verre.
- C'est marrant, je ne pensais pas te voir ici.
Cette voix, ce visage, cet air timide. Reconnaissable entre mille.
- Hugo Lloris, tiens donc. J'ai retenu ton nom, cette fois !
Il rigole et s'asseoit à côté de moi.
- Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je profite de ma dernière semaine de vacances. Et puis... je peux te retourner la question.
- J'attendais mon crétin de frère pour lui donner mon article, mais il est rentré à Paris.
- Ton frère ?
- Oui, enfin mon patron quoi. Enfin, c'est compliqué.
- Vous travaillez à Paris ?
- Huhu. Mon frère vient d'y créer son journal, les débuts sont un peu difficiles, Dis-je en grimaçant.
Il commande un café, et reprend la parole après quelques minutes de silence.
- Je vois... alors tu repars demain ? Demande-t-il.
- Oui. Demain matin. Et je repars après-demain pour je ne sais quelle ville.
Hugo me regarde, l'air surpris. J'éclate de rire en voyant sa tête.
- La vache, Dit-il. Tu n'es jamais fatiguée ?
- Jamais. J'ai choisi de vivre comme ça, et mon frère m'en a offert la possibilité. Je ne vais pas me plaindre.
- Est-ce que tu sera à Paris, à la fin de la semaine prochaine ?
- Hum... tout dépendra de ce que mon frère m'aura confié. Pourquoi ?
- Paris-Nice. Je devrais jouer mon premier match en Ligue 1.
Je le regarde en souriant. Il en parle comme de sa plus grande fierté.
- Tu as été ma première véritable interview, alors je n'ai pas le droit de rater ton premier match. On va dire ça comme ça.
Il a soudain l'air rayonnant. Je lui répond par un sourire, puis je regarde ma montre.
- Merde, il est déjà 23h. Je vais devoir y aller.
- Très bien, Dit-il. J'espère te voir au Parc la semaine prochaine, alors.
- Je t'assure que je ferai mon possible pour être là. Salut Hugo.