<< Le football est le reflet de notre société. >>

Visiblement y'en a qui ont l'air de kiffer encore ce truc pourave. Donc j'vais m'y remettre, au moins par respect
pour ceux qui ont commencé à lire. J'vous préviens je ne sais pas encore quand, ni comment, mais j'pense
quand même que j'vais la réécrire carrément pour qu'elle soit encore un peu moins bateau que ça.

Sinon, vous pouvez aussi m'trouver ici.

# Posté le lundi 02 juin 2008 18:42

Modifié le mardi 27 octobre 2009 06:12

PROLOGUE

Rêve, bonheur, fierté. Bienvenue dans le monde aseptisé du football. Ce monde qui paraît si beau & attirant, vu de l'extérieur. Mais comme on dit, mieux vaut ne pas se fier aux apparences. Un aspect utopique en surface, mais un vrai monde de pourris à l'intérieur. Les vraies valeurs se sont perdues, étouffées par l'argent, les tricheries, les rivalités & les scandales. Et le sport dans tout ça ? C'est la triste réalité, celle qu'on essaie de camoufler, celle qu'on fait semblant de ne pas voir... & pourtant. Il va bien falloir qu'on arrête de se voiler la face, parce que ça ne sert plus à rien, tellement c'est flagrant (inutile de préciser écoeurant aussi). Le football est devenu une putain de machine à fric.

A présent, plongeons dans cet univers fantasque qu'est devenu le football.

# Posté le lundi 02 juin 2008 19:05

Modifié le lundi 26 octobre 2009 13:26

Chapitre 1 : « La raison, le jugement, viennent lentement, les préjugés accourent en foule. » J.J ROUSSEAU

Chapitre 1 : « La raison, le jugement, viennent lentement, les préjugés accourent en foule. » J.J ROUSSEAU
Nice, Hôtel Negresco ~ 7h52.

Accoudée au balcon de ma chambre d'hôtel, j'observe les nombreux touristes déambulant le long de la Promenade des Anglais, tandis que le soleil diffuse ses premiers rayons de la journée. La mer est calme et limpide. Je n'ai pas l'occasion de la voir très souvent, alors je profite du spectacle, qui n'en sera plus un, une fois que les touristes insupportables auront envahi la plage. La sonnerie de mon téléphone me tire de ma rêverie. Je décroche rapidement.
- Je t'écoute, ANDREW.
- Tu as rendez-vous dans une demi-heure au centre d'entraînement, alors je vérifiais simplement que tu étais bien réveillée. Et ne m'appelle pas Andrew, je te l'ai déjà dit.
-Je sais que j'ai rendez-vous dans une demi-heure, tu me l'as répété une soixantaine de fois depuis hier.
- Très bien, tu es parfaite. A ce soir avec ton article, bien sûr.
- Evidemment.
Je raccroche. Andrew, plus connu sous le nom d'Andy, est mon patron depuis maintenant deux mois. Petite particularité, c'est aussi mon grand frère. Sans lui on peut dire que j'aurais eu du mal à rentrer dans le métier si jeune, et surtout en étant une femme. Alors j'essaie de faire de mon mieux pour que le journal qu'il a créé il y a peu fonctionne bien en y apportant ma part. Travailler pour mon frère, ce n'est pas vraiment ce dont j'avais rêvé, mais après tout sans lui, je n'aurais jamais eu accès au journalisme. Mon téléphone vibre, m'arrachant à nouveau à la contemplation de la mer. C'est encore Andy, qui me bippe pour que je parte. C'est donc en soupirant que je rentre dans ma chambre, pour prendre mes affaires.


Centre d'entraînement de l'OGC Nice ~ 8h30.

Armée de mon bloc-notes, de mon magnétophone et de mon appareil photo, je débarque dans le vaste centre d'entraînement de l'OGC Nice. Des dizaines de personnes, pour la plupart salariés au club, se pressent et se croisent dans tous les sens. J'accroche mon badge de journaliste à mon t-shirt, histoire de ne m'attirer aucun ennui. Je déteste ce genre de trucs, ces protocoles, qui rendent les joueurs tellement inaccessibles. Comme si il fallait absolument porter un badge pour pouvoir faire sortir deux mots de leurs bouches. Après avoir présenté ce foutu badge à une bonne dizaines de personnes, je parviens enfin à trouver la salle de presse. Un jeune homme m'attend, assis sur une table, balançant ses jambes dans le vide, comme l'aurait fait un petit garçon. Il a l'air timide, presque gêné d'être là. Evidemment, comme il vient tout juste de débuter en temps que titulaire, je ne me rappelle plus de son nom. Ca commence bien.
- Hum... bonjour !
Il redresse la tête, comme si cela le surprenait que je lui dise bonjour. Puis il m'adresse un petit sourire. Je pose mes affaires sur la table, avec une certaine appréhension.
- Je suis vraiment désolée, mais... j'ai complètement oublié votre nom.
Jolie entrée en matière, vraiment.
- Hugo Lloris, Dit-il avec un sourire.
- Je vous prévienstout de suite, je suis une journaliste assez catastrophique. Je débute dans le métier, je n'ai rien préparé, et je ne vous connais absolument pas, Dis-je d'un trait.
Il éclate de rire. Visiblement il ne m'a pas prise au sérieux. Ou alors il se fout de moi.
- Au moins ça change de ce qu'on a l'habitude de voir.
- Très bien, alors allons-y.
Je m'asseois en face de lui.
- On va commencer par les trucs bateaux. Nom, prénom, j'ai déjà... Age, donc. Première titularisation avec l'OCG Nice. Ce genre de trucs, quoi.
- J'ai 20 ans, j'ai été titularisé avec l'OGC Nice pour la première fois l'année dernière lors d'un match de Coupe de la Ligue, contre Nancy.
Il me laisse le temps de tout prendre en notes.
- Alors, tu... enfin je veux dire vous...
- Tu, c'est très bien, Dit-il gentiment.
- Bien. Alors qu'attends-tu de cette saison avec Nice ?
Il prend le temps de répondre à toutes mes questions, de manière simple, mais concise, et avec le sourire. Finalement, il est bien loin de tout ces préjugés que j'ai pu me faire sur les joueurs de football. Des mecs à l'égo plutôt surdimensionné en général. Mais lui non, visiblement. Je m'efforce toutefois de tempérer mon enthousiasme : il débute, et n'a donc pas encore eu le temps de choper le melon.
- Bien, ça devrait suffire.
- C'est marrant, Murmure-t-il. On dirait que tu n'aimes pas le football.
- Pas que je n'aime pas le football... mais plutôt certains de ses acteurs. Et tout ce qu'il y a en trop autour.
- Je comprends. Je suppose qu'on ne voit pas les choses de la même façon quand on est dedans, Dit-il l'air pensif.
- Certainement, Dis-je en fermant mon sac avec un sourire.
Je lui tends ma main, maladroitement. Il la serre timidement.
- Eh bien Hugo, je suis ravie d'avoir fait ta connaissance. Au moins tu as le mérite d'avoir fait évoluer mon point de vue sur les footballeurs.
Je sors de la salle de presse, plongée dans mes pensées. J'ai déjà mon article dans la tête, je sais déjà où chaque mot sera placé, c'est toujours comme ça. Mais je reste perplexe, devant ce jeune homme de 20 ans, qui vient de bouleverser toute ma vision sur les joueurs. Fort. Très fort.

# Posté le mardi 03 juin 2008 17:26

Modifié le samedi 31 octobre 2009 10:34

Chapitre 2 : « Le grand destin de l'homme est de refuser son destin. » J. HAMBURGER

Chapitre 2 : « Le grand destin de l'homme est de refuser son destin. » J. HAMBURGER
Nice, Centre-Ville ~ 20h30.

J'attend, assise au bar, tripotant distraitement mon verre de mojito. Ca fait plus d'une demi-heure que j'attend Andy, qui doit passer chercher mon article. J'attrape mon portable et compose son numéro. Une fois de plus, messagerie. Je soupire, et vide mon verre, avant d'en commander un autre. Tandis que je finis mon deuxième verre, mon téléphone sonne enfin.
- Andy. J'ai failli attendre.
- Je suis désolé... j'ai eu un empêchement. J'ai dû rentrer sur Paris cet après-midi, Dit Andy.
- J'espère que tu plaisantes.
J'attends quelques secondes. Pas de réponse, évidemment.
- Visiblement, non.
- Je suis désolé. Tu n'auras qu'à m'envoyer ton article par mail.
- Etant donné qu'il est sur papier, ça risque d'être difficile, vois-tu.
- Eh bien tape-le. Ou faxe-le. Débrouille-toi quoi ! Les délais de bouclage sont courts, tu sais ?
- C'est entendu, CHEF. Bonne soirée.
Je raccroche en soupirant à nouveau, puis je commande un nouveau verre.
- C'est marrant, je ne pensais pas te voir ici.
Cette voix, ce visage, cet air timide. Reconnaissable entre mille.
- Hugo Lloris, tiens donc. J'ai retenu ton nom, cette fois !
Il rigole et s'asseoit à côté de moi.
- Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je profite de ma dernière semaine de vacances. Et puis... je peux te retourner la question.
- J'attendais mon crétin de frère pour lui donner mon article, mais il est rentré à Paris.
- Ton frère ?
- Oui, enfin mon patron quoi. Enfin, c'est compliqué.
- Vous travaillez à Paris ?
- Huhu. Mon frère vient d'y créer son journal, les débuts sont un peu difficiles, Dis-je en grimaçant.
Il commande un café, et reprend la parole après quelques minutes de silence.
- Je vois... alors tu repars demain ? Demande-t-il.
- Oui. Demain matin. Et je repars après-demain pour je ne sais quelle ville.
Hugo me regarde, l'air surpris. J'éclate de rire en voyant sa tête.
- La vache, Dit-il. Tu n'es jamais fatiguée ?
- Jamais. J'ai choisi de vivre comme ça, et mon frère m'en a offert la possibilité. Je ne vais pas me plaindre.
- Est-ce que tu sera à Paris, à la fin de la semaine prochaine ?
- Hum... tout dépendra de ce que mon frère m'aura confié. Pourquoi ?
- Paris-Nice. Je devrais jouer mon premier match en Ligue 1.
Je le regarde en souriant. Il en parle comme de sa plus grande fierté.
- Tu as été ma première véritable interview, alors je n'ai pas le droit de rater ton premier match. On va dire ça comme ça.
Il a soudain l'air rayonnant. Je lui répond par un sourire, puis je regarde ma montre.
- Merde, il est déjà 23h. Je vais devoir y aller.
- Très bien, Dit-il. J'espère te voir au Parc la semaine prochaine, alors.
- Je t'assure que je ferai mon possible pour être là. Salut Hugo.
Je sors du café, en marchant lentement. Même à cette heure là, de nombreux touristes vagabondent encore le long de la plage. Je m'asseois sur un muret, et observe les quelques enfants qui courent encore sur la plage, surveillés de près par leurs parents. Je me pose toujours des questions sur ce monde étrange qu'est le monde du foot. D'un côté ces joueurs qui réalisent la chance qu'ils ont, de pouvoir vivre de leur passion, comme un Jérémy Toulalan, un Eric Carrière, comme Hugo... De l'autre côté, ces joueurs stars, qui profitent de leur statut et de leur notoriété, pour se placer au-dessus des autres. Au centre, les présidents de clubs, et les institutions. Ces Abramovitch, ces Laporta, ces Moratti, qui lavent le cerveau des joueurs, en dictant leur conduite à coups de millions, puis les jettent, lorsque de nouveaux talents apparaissent. Cruel destin... et pourtant. Il ne tient qu'à eux de le refuser. Alors pourquoi ? Une gloire éphémère ? L'argent ? Tout ça m'échappe. Vraiment.

# Posté le mercredi 04 juin 2008 11:35

Modifié le lundi 26 octobre 2009 15:55

Chapitre 3 : « L'imprévu a ses charmes, mais que de cruelles surprises, il recèle souvent... » D. POTVIN

Paris, Aéroport Roissy-Charles De Gaulle ~ 10h30.

Ca fait maintenant une bonne demi-heure qu'Andy est au téléphone, cigarette à la main. Je somnole sur mon siège, dans le grand hall de l'aéroport, en attendant qu'il daigne bien vouloir me raccompagner.
- Très bien, faites-moi la une là-dessus.
Je rouvre paresseusement un oeil. Andy vient de racrocher. Il a l'air totalement incrédule.
- Porto est exclu de la Ligue des Champions, Dit-il.
- Quoi ?!
- Ils sont soupçonnés de tentative de corruption des arbitres durant la saison 2003-2004.
Je ne peux réprimer un petit rire. Une fois de plus, le football vient de se détruire lui-même.
- Et voilà. Un scandale de plus. Décidément...
- Ouais, Grimace Andy. Ca craint. Encore une histoire de pognon.
- Le football tourne beaucoup autour de l'argent ces derniers temps, Dis-je ironiquement.
Andy soupire et lève les yeux au ciel.
- Kelly, je t'en prie... tu me sors la même rengaine à chaque fois.
- Tu sais très bien que j'ai parfaitement raison, Dis-je avec un regard accusateur.
- Bref, Dit-il. On y va.
Je m'empresse de le suivre, en traînant ma valise derrière moi. Il m'aide à la mettre dans le coffre, et nous montons dans la voiture. Le trajet se fait en silence, et je finis par m'endormir. Jusqu'à ce qu'Andy me réveille, avec sa douceur habituelle.
- Allez ! Réveille-toi !
- Oh, ça va, j'arrive, Dis-je en me frottant les yeux.
Il m'aide tout de même à sortir de la voiture. Le siège du journal se dresse devant nous. Je récupère ma valise, et pénètre dans l'immeuble. Comme d'habitude, le hall d'entrée est particulièrement rempli.
- Pffff, t'aurais au moins pu me laisser le temps de rentrer à la maison, Dis-je en soupirant.
- Et sinon, à part râler, tu sais faire autre chose ?
Nous montons plusieurs étages, en ascenceur, puis nous arrivons devant la porte la plus imposante de l'immeuble. Son bureau, évidemment. Un papier rose, synonyme de dépêche importante est posé en évidence sur son bureau. Il le lit en fronçant les sourcils.
- C'est ton jour de chance, Dit-il. Tu peux rentrer à la maison.
- Vraiment ?
- Oui. Mais ne défais pas ta valise, tu repars demain.
- Oui, je le sais vu que c'est ce qui était prévu.
Il affiche un léger sourire moqueur. Je sens le mauvais coup venir.
- J'ignore pourquoi il a accepté de nous recevoir étant donné qu'on a même pas de renommée à l'échelle nationale, mais on a obtenu l'autorisation d'interviewer Roman Abramovitch. Et tu as tiré le gros lot !
- C'est une blague, bien sûr.
- J'ai l'air de plaisanter ?
- Alors, attends que je résume : tu veux m'envoyer interviewer un type pour qui le football ne se résume qu'aux millions qu'il peut investir dans un joueur ? Tu veux que je l'assassine, c'est ça ?
Andy laisse échapper un petit rire. Il se place en face de moi et pose ses mains sur mes épaules en me regardant dans les yeux.
- Ecoute-moi. Je sais que tu es bornée, c'est d'ailleurs pour ça que je t'ai embauchée. Pas parce que tu es ma soeur, mais parce que j'aime tes opinions tranchées. Malheureusement ça fait un bout de temps que le football est basé essentiellement sur l'argent. Les grands dirigeants font de leurs clubs des entreprises, qu'ils font fructifier à travers les plus-values qu'ils peuvent obtenir sur les joueurs, ou grâce à des gros transferts. C'est comme ça. On ne peut rien y faire, Dit-il.
Le pire, c'est qu'il a raison. Bien sûr, je ne vais pas me rabaisser à le reconnaître devant lui, mais je sais que c'est comme ça. Et ce n'est pas moi, petite journaliste qui vais y changer quelque chose. Je décide donc de détourner le sujet.
- Tu sais que ce n'est que ma deuxième interview ?
- La première était parfaite. Et on a eu beaucoup de retour positif des lecteurs.
Je regarde par la fenêtre durant quelques minutes. Roman Abramovitch... je ne sais vraiment pas à quoi m'attendre avec lui.
- Très bien, Dis-je en reprenant mes esprits. C'est d'accord, j'irai.
Il fronce les sourcils, visiblement étonné.
- Je suis sûr qu'il y a un mais.
- Je veux être envoyée spéciale sur le match Paris-Nice, en échange.
J'ai prononcé cette phrase avec tant d'aplomb qu'il me regarde d'un air soupçonneux. Je soutiens son regard sans rien laisser paraître.
- Paris-Nice, hein... Et pourquoi Paris-Nice ?
- Parce que j'aime le PSG, évidemment, Dis-je avec un sourire moqueur.
- Ne te moque pas du PSG, Dit-il sur un ton de reproche. Très bien, c'est d'accord. Allez, file maintenant.
Je ne me fais pas prier pour sortir. J'ai une envie folle de rentrer à la maison. Vivre sans cesse la tête dans le football est usant, à force. Un jour pour déconnecter, avant d'aller interviewer le président d'un des plus grands clubs européens. La semaine s'annonce longue... très longue.

# Posté le mercredi 04 juin 2008 17:09

Modifié le lundi 26 octobre 2009 16:37